Selon des opérateurs économiques, chefs d’entreprises qui s’exprimaient à l’occasion du premier forum économique ivoiro burkinabè, la coopération économique entre les deux pays devrait connaître une nouvelle dynamique si les acteurs décident d’améliorer le cadre de collaboration.

En effet, les chefs d’entreprises du Burkina Faso ont relevé plusieurs dysfonctionnements qui poussent certains acteurs économiques burkinabés à s’orienter vers les ports des autres pays pour assurer le transit de leurs marchandises. Au nombre des difficultés énumérées, l’on notera la lenteur au niveau du traitement des dossiers ; mais également des taxes jugées excessives.

Plusieurs autres préoccupations «  le manque d’aire de stationnement au port d’Abidjan pour les camions burkinabè, l’insuffisance de magasins de stockage et la caution de garantie » ont été mis à l’index. Le conseil burkinabè des chargeurs (CBC) a lui mis le doigt sur « les tracasseries routières », la dégradation de certaines portions de voie sur l’axe Abidjan-Ferké ».

Les chefs d’entreprises ivoiriennes ne sont pas restés en marge des préoccupations énoncées contre les lourdeurs administratives et politiques qui entravent les échanges commerciaux entre les deux voisins. A preuve, au-delà des discours des politiques, « aucune entreprise de Côte d’Ivoire ou du Burkina n’a participé directement en Côte d’Ivoire, à la passation des marchés d’une valeur de 350 milliards F Cfa de contrat, cela doit interpeller les autorités politiques » a indiqué Monsieur Philippe Eponon, Premier Vice Président de la Cgeci.

Il a salué tout de même le cadre du Traité d’amitié et de coopération qui « est un cadre d’expression de nos activités » avant de noter qu’il y a « beaucoup plus d’entreprises burkinabè en Côte d’Ivoire que le contraire. » Il a préconisé des « groupements d’entreprises ivoiro-burkinabè en GIE » pour faire face à des entreprises autres que celles venant des deux pays sur des marchés publics. « Ce sont des GIE que nous appelons de tous nos vœux » a-t-il fait savoir.

En réponse à la préoccupation du Vice Président Eponon, Bintou Diallo, Directrice Générale de l’agence burkinabè des investissements, l’a alors rassuré que le Burkina Faso offre « un environnement sain, propice et un cadre juridique et réglementaire attractif.»  « Nous veillons sur l’environnement d’investissement et avons dix bonnes raisons pour investir au Burkina » a-t-elle assuré. Entre la saine démocratie au pays des hommes intègres et les conditions favorables énoncées, le Burkina Faso se présente comme une porte d’entrée pour capter 73 millions de population dans les pays voisins.

Des avancées notables sont toutefois relevées en matière routière et autoroutière, la réhabilitation du réseau ferroviaire, du renforcement des capacités énergétiques et minières du Burkina Faso, de la défense et de sécurité, de coopération administrative et transfrontalière, d’éducation, de santé. La coopération en matière de solidarité, des affaires sociales, de la femme, de l’enfant et du genre devrait favoriser « le retour volontaire ou l’insertion professionnelle des personnes évacuées » du Mont Péko, « dans le cadre d’un projet pilote  de retour financé par l’Organisation internationale pour les Migrations et de renforcer les services sociaux de base dans les zones concernées. » En matière énergétique, la puissance électrique à fournir au Burkina Faso passera bientôt à 90 MW.

Il faut noter que ce premier forum économique ivoiro burkinabé organisé en marge du TAC, est la mise en œuvre d’une recommandation du TAC 6 qui s’est tenu en 2016 à Ouagadougou.

Source: Cgeci

Coopération économique/ Développement des échanges : Les secteurs privés ivoirien et burkinabé identifient les obstacles

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