En moins de 20 ans, Adrian Gardiner a réussi à faire de Mantis Group l’un des acteurs les plus importants du secteur de l’écotourisme à travers le monde. Présent sur les sept continents, il aborde actuellement une nouvelle étape du développement de ses affaires.

En Afrique du Sud, le nom d’Adrian Gardiner rime avec écotourisme. A l’international, ce dernier est tout aussi célèbre que sa marque, Mantis, un conglomérat familial spécialiste de l’hôtellerie, du voyage de luxe et du tourisme d’aventure qu’il a fondé en 2000 à Port-Elizabeth, une ville de l’Eastern Cape. «Aujourd’hui, l’Eastern Cape est devenue une wildlife destination, alors que ce n’était pas le cas il y a seulement vingt ans», fait-il remarquer avec fierté à La Tribune Afrique après une visite guidée de quelques-unes de ses réserves animalières et éco-lodges.

Exécutions stratégiques, récompenses

Au travers de Mantis en effet, de nombreux visiteurs débarquent des quatre coins du monde chaque année pour explorer la nature et la faune de l’Eastern Cape. Et dans la stratégie de développement de son entreprise, Adrian Gardiner joue la carte du rêve en dupliquant son business model à travers la planète, tout en le contextualisant. A ce jour, Mantis est le seul groupe hôtelier au monde présent sur les sept continents. Outre la riche faune d’Afrique australe, de l’Est et de l’Ouest ou l’expérience culturelle du Nord qu’il propose au travers de ses implantations locales, le conglomérat d’Adrian Gardiner signe également, entre autres, des séjours en plein cœur de l’Antarctique à la découverte du continent blanc. Selon le contexte, boutique-hôtels, bateaux de croisière de luxe -dont le fameux Zambezi Queen- et éco-lodges sont autant d’option d’hébergement que propose la firme à ses clients à travers la planète. Au total, le portefeuille de Mantis regroupe 28 établissements exploités par l’enseigne, auxquels s’ajoute un réseau international d’hôtels et de résidences arborant le label Mantis.

Si l’entreprise est officiellement âgée de 18 ans, l’aventure écotouristique d’Adrian Gardiner aura débuté une trentaine d’années plus tôt. Porté par «une passion pour les animaux» héritée de son père, il ne résiste pas, une fois adulte, à l’envie de détenir sa propre game reserve. «Je me suis dit que si je dois tirer du plaisir de tout cela, il faut que ce soit comme l’endroit où je vis», confie-t-il. C’est alors que naitra son idée d’entreprise. Les débuts sont rudes, mais le businessman s’en sort, jusqu’en 1979 où la crise économique née du choc pétrolier écroule son affaire. Sa reconstruction financière aboutit des années plus tard à l’achat de 1200 hectares dans l’Eastern Cape qui s’étendront au fil des ans pour donner le célèbre Shamwari Private Game Reserve qui fait aujourd’hui 25 000 hectares, véritable fleuron du portefeuille de Mantis.

Pour renforcer la dimension éthique du groupe, Adrian Gardiner a, dès les débuts, mis l’accent sur la conservation de la faune. Il soutient et parraine deux organisations à but non lucratif dédiées à la conservation en Afrique : la britannique Tusk Trust et la Wilderness Foundation basée à Cape Town et représentée au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

« J’ai réalisé que l’attraction de l’Afrique, c’est la faune qui existe ici et qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Si on retire la faune au Kenya et à la Tanzanie, qu’arrivera-t-il au tourisme ? »

Egalement engagé pour l’éducation d’excellence, il a lancé à Port Alfred, toujours dans l’Eastern Cape, le campus africain de la célèbre école hollandaise d’hôtellerie Stenden University of Applied Sciences. Tout cela sans parler des partenariats noués avec les entreprises écologiques pour fournir les hébergements de Mantis en produits respectueux de la nature. Mettant en outre un point d’honneur à l’enrichissement des communautés locales au travers le l’écotourisme, l’homme d’affaires a placé l’emploi de la main d’œuvre locale au cœur de sa stratégie. Rien qu’au niveau de ses fermes, l’effectif est passé d’une douzaine personnes à plus de 300 aujourd’hui. Ces accomplissements lui ont valu de nombreuses distinctions dont la World’s Leading Conservation Company, le Best Global Luxury Hotel Group Africa ou l’entrée en 2017 dans le top 10 des groupes les plus dynamiques en Afrique du W Hospitality.

A la conquête d’autres «rêves»

En bon visionnaire, Adrian Gardiner a bâti une expertise autour de Mantis qui a attiré l’attention du leader français et sixième mondial de l’hôtellerie AccorHotels, alors que ce dernier cherchait à poser le pied sur le marché du game reserve et de la conservation sustainability. Au bout de trois mois de négociations, début avril, le groupe français rachète 50% du capital de Mantis. Pour l’homme d’affaires sud-africain, le deal -dont le montant est resté jusqu’ici confidentiel- est «stratégique». Si les deux parties s’engagent à partager les richesses accumulées durant leur parcours respectif en termes d’expertise commerciale ou de stratégie de déploiement, le fondateur de Mantis n’exclut pas la possibilité de s’introduire dans les marchés où AccorHotels est déjà actif et qui présentent un potentiel pour son activité. Son rêve : «mener au succès ce nouveau partenariat». «Beaucoup de gens ont travaillé avec moi toutes ces années et je vais m’assurer qu’ils aient un héritage qui se perpétue», argue ce patron qui place l’équipe au cœur de sa politique d’entreprise. «Je crois qu’en dehors de la passion et la vision qui peuvent accompagner un entrepreneur, l’équipe est le moteur central du succès de toute entreprise de nos jours», explique-t-il.

Actuellement, Adrian Gardiner suit de près le déploiement du Community Conservation Fund Africa, un fonds dédié à la conservation lancé suite à son partenariat avec AccorHotels, dans lequel sont engagés notamment la Wilderness Foundation et African Parks. Mi-mai, ils annonçaient une première mise de 600 000 dollars.

Parallèlement, l’homme d’affaires poursuit son déploiement à travers l’Afrique. Prochain arrêt, la Gambie. «Ils m’ont contacté pour voir comment y implanter une équipe», confie Adrian Gardiner pour qui la valorisation et la conservation de la faune constituent un levier important pour l’économie régionale. «J’ai réalisé que l’attraction de l’Afrique, c’est la faune qui existe ici et qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Si on retire la faune au Kenya et à la Tanzanie, qu’arrivera-t-il au tourisme ?»

afrique.latribune.fr

Adrian Gardiner, l’empreinte africaine de l’écotourisme dans le monde

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