Les entreprises publiques ivoiriennes connaissent depuis 2015, une baisse globale de 3% de leur chiffre d’affaires. Cette contre-performance serait due à des problèmes de gouvernance au sein de ces structures. Pour y remédier les autorités du pays ont prévu des mesures dont le renforcement du contrôle.

Les entreprises ivoiriennes détenues majoritairement par l’Etat ne se portent pas bien. D’après le Directeur de la stratégie et de l’expertise à la Direction générale du portefeuille de l’Etat (DGPE), Thiekoro Doumbia, une baisse globale du chiffre d’affaires de 3% depuis 2015 a été enregistrée à leur niveau. Il s’exprimait ce 8 août, lors d’un échange entre le secrétaire d’Etat auprès du premier ministre, chargé du Budget et du portefeuille de l’Etat, Moussa Sanogo, et les dirigeants sociaux des entreprises publiques représentés par les présidents de conseil d’administration et les directeurs généraux, autour du thème : « Le portefeuille de l’Etat : orientations stratégiques, performance et impact sur le budget de l’Etat ».

Selon le responsable, cette contre-performance est enregistrée malgré un investissement au titre de l’année 2017 de 82 milliards de francs CFA pour la restructuration et la recapitalisation des sociétés d’Etat, auquel s’ajoute une subvention colossale de 140 milliards de francs CFA. Ajoutant que des entreprises ne tiennent pas régulièrement leurs assemblées générales ordinaires pour faire leur bilan, Doumbia a déploré qu’au lieu d’enregistrer des dividendes, l’Etat perd avec un dividende de moins 10 milliards de francs CFA.

Toujours évoquant les problèmes des sociétés publiques, Thiekoro Doumbia a attiré l’attention sur les risques budgétaires. Ainsi, en dehors des contre-performances, il a noté la variation des revenus, les accès préférentiels aux crédits, l’asymétrie d’information. Il s’agit là d’éléments qui s’expliquent, selon le responsable, par plusieurs défaillances concernant la gouvernance, le budget et les finances ainsi que la stratégie et l’opération. Pour pallier à ces défaillances des entreprises publiques, le Secrétariat d’Etat a déjà prévu des mesures.

Des mesures pour gérer les risques budgétaires

Selon le bureau de Moussa Sanogo, la première mesure à prendre pour rompre avec les contre-performances au niveau des entreprises publiques, est de sensibiliser les dirigeants sociaux à travers des rapports périodiques en Conseil des ministres. Pour y arriver, explique-t-on, il faudrait déjà informer régulièrement le gouvernement sur la situation financière de ces entreprises publiques en prenant également en compte les performances multicritères des sociétés incluant un classement en termes de gouvernance.

La seconde mesure porte sur la signature systématique des contrats de performance avec des entreprises devant faire l’objet d’une restructuration. Quant à la troisième mesure, elle concerne le renforcement du contrôle sur les entreprises présentant un risque. Il s’agit ici, selon le secrétariat d’Etat, de mettre en place un système de modulation du contrôle de l’Etat actionnaire, consistant à mettre un accent particulier sur les entreprises présentant des risques budgétaires ou de gouvernance.

Ces mesures sont très attendues car « les entreprises ont un problème de gouvernance, cumulent de lourds passifs, sont fortement endettées ou même surendettées et manquent de plans stratégiques d’investissement », a rappelé Moussa Sanogo. Le membre du gouvernement a ajouté que les entreprises publiques doivent fonctionner selon une gouvernance appropriée, avec des conseils d’administration, des comités d’audit, etc.

afrique.latribune.fr

Côte d’Ivoire : le chiffre d’affaires des entreprises publiques a chuté de 3% depuis 2015

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