Sous pression face à la montée de la désinformation sur le coronavirus, Facebook renforce son dispositif d’alerte contre les infox. Cette décision repose sur un constat : l’inefficacité des mesures prises jusque-là.

On a pu l’observer à maintes reprises, il ne suffit pas de repérer les infox, de rétablir les faits et de les publier pour empêcher la mésinformation. Alarmée par la tournure dangereuse qu’a pris ce phénomène en pleine pandémie du Covid-19, l’organisation non gouvernementale Avaaz a recensé nombre de cas ayant échappé à la vigilance de Facebook. La plate-forme s’était engagée à faire le ménage dès l’émergence du virus.

Qui n’a pas vu pourtant sur Facebook la multiplication des faux remèdes, des infox racistes et autres dénis de réalité, capables de ralentir la riposte contre le virus, d’affaiblir les appels au confinement et à la distanciation sociale : quand on se croit invulnérable, on peut facilement mettre ses proches et soi-même en danger. Avaaz, qui a répertorié les cas dans six langues différentes, s’est aperçu que Facebook avait tout particulièrement échoué à endiguer la propagation des infox en espagnol, en portugais et en italien, dans une moindre mesure, en arabe, en anglais et en français. Un échec lié au fait du recyclage des infox avec de légères modifications. Echec également dû à la lenteur de réaction de la plate-forme.

Comment Facebook entend rectifier le tir ?

Désormais, lorsque vous aurez partagé, approuvé ou simplement vu un contenu assimilable à de la désinformation, comme par exemple la promotion de l’ail, ou de l’eau chaude pour tuer le virus, Facebook reviendra vers vous pour signaler que ce que vous avez vu était une infox, et vous proposera d’aller voir le travail des fact checkers qui ont vérifié le contenu en question, en toute indépendance. Au lieu de laisser l’utilisateur dans l’ignorance du fait qu’il a été trompé, il sera prévenu rétrospectivement. Alors, c’est toujours une correction à postériori. Cela existait déjà. Lorsque l’on signalait une infox à Facebook, vérification à la clef, l’infox était estampillée comme telle, mais vous ne pouviez pas forcément le savoir. Maintenant, vous serez prévenu qu’un contenu vérifié est à votre disposition.

Peut-on faire confiance à Facebook ?

Il faudra voir à l’usage, si Facebook devient plus réactif. Surtout, ce système repose sur les fact checkers, c’est-à-dire les journalistes qui dans le monde entier se livrent à ce travail d’authentification, de vérification. Mais rien n’empêchera les infox de connaître une deuxième vie dans les groupes privés, sur WhatsApp notamment, où elles pullulent, et où les conspirationnistes sévissent à tour de bras. Dans cet environnement-là, même l’info vérifiée n’intéresse pas forcément. Néanmoins, Avaaz s’est penché sur la question de l’antidote à la désinformation, notamment dans le cadre des campagnes électorales. Les conclusions de l’ONG indiquent que le travail de vérification et la publication de rectificatifs ont une réelle influence lorsqu’elles parviennent à toucher leur cible. D’où les pressions exercées sur Facebook pour avertir les utilisateurs lorsqu’ils ont été en présence d’infox, et que les faits ont pu être vérifiés.

Pour signaler des contenus qui vous semblent douteux, nous vous rappelons le numéro WhatsApp des Dessous de l’infox : +33689076109

 

RFI

Covid-19: Facebook sévit contre l’infox
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